ABEILLES :: Le matériel d’intervention de base
Les frères Souvent, apiculteurs à Mesland (41) proposent des stages extras sur la manière de mener une activité apicole. Avec mes collègues de BPREA, nous avons eu la chance de bénéficier de leurs précieux conseils.
Eric et Christophe nous ont, entre autres, présenté le matériel indispensable pour débuter.
Bien sûr, il faut une ruche complète et investie par une colonie d’abeilles vigoureuses (voir comment récupérer un essaim), installée sud-est dans un endroit protégé des vents dominants et bénéficiant d’une bonne couverture florale sur les 3kms environnants (zone moyenne de butinage). Bon, mais encore ?
° Si l’on ne devait acquérir qu’un seul outil, ce serait l’enfumoir qu’il faudrait choisir. Ce récipient muni d’un soufflet permet, comme son nom l’indique, d’enfumer la ruche.
L’objectif est de détourner l’attention des abeilles en leur faisant croire qu’un incendie est en route, elles vont alors se concentrer sur le stockage de réserves de miel dans leur jabot afin de quitter la ruche si nécessaire. Dans tous les cas, elles vont fuir la fumée et vous permettre de travailler plus sereinement.
L’idéal est d’obtenir une fumée bien blanche et dense, pour cela, il faut ouvrir l’enfumoir et y placer, dans l’ordre en tassant un peu et en pompant régulièrement pour attiser le feu :
- du foin pour que le feu prenne
- un petit morceau de boîte d’œuf, qui constitue une bonne alternative à l’amadou, que l’on fait flamber
- éventuellement des granulés au lavandin qui garantissent une combustion lente
- des aromatiques sèches (laurier, mélisse, lavande, origan… mélange selon les goûts) pour que ça sente bon
- de l’herbe verte pour obtenir cette fameuse fumée blanche qui ne vous fera pas tousser

[Démonstration en vidéo (en cours d’upload sur mon téléphone liddl, ça vient - peut être)]
Et, comment on l’utilise ?
On commence par prévenir la colonie en soufflant trois coups francs à l’entrée de la ruche. On peut ensuite ouvrir la ruche (ôter le toit, le nourrisseur), remettre quelques coups de fumée en surface puis dans les rayons que l’on souhaite explorer (on commence par le côté le moins actif pour éviter d’enfumer la reine).
Il est important de pomper régulièrement sur le soufflet pour garder l’enfumoir efficace tout au long de la visite. Sinon, prévoir une mare suffisamment profonde et savoir courir vite… :)
Attention, quand on travaille sur une hausse à miel, il faut éviter d’enfumer les cadres au risque d’obtenir un miel goût barbecue !
Heureusement, en périodes de miellées et
si vous opérez
pendant les horaires de butinage (autour de midi est idéal), les abeilles seront tellement occupées par leur travail de récolte qu’elles vous gêneront moins, enfin… sur le papier.
A la place de l’enfumoir certains apiculteurs à l’ancienne utilisent le cigare,
comme dans le génial documentaire Des abeilles et des hommes de Marcus Imhoof. C’est leur seule et unique protection contre les piqûres !
° Nous, nous sommes moins courageux et il est préférable d’avoir une combinaison ou au moins une vareuse, version sombrero ou escrime, pour se protéger des abeilles qui choisissent souvent le visage pour débuter une attaque… On travaille plus aisément lorsque l’on se sent en sécurité, n’est-ce pas? Aussi, on va bien vérifier que la fermeture éclair et le velcro au niveau du cou sont bien fermés, et que les élastiques au niveau des mains et des pieds sont bien positionnés.

Il est très difficile de tourner la tête avec la version sombrero et avec les cheveux longs, ça peut vite devenir un enfer car le chapeau vous met la perruque sans dessus dessous à chaque mouvement. Pour ma part, j’investirai dans une version escrime.
Les lavages abîment la toile de coton qui perd de sa rigidité, je pensais à un bain d’amidon (
comme pour les napperons de mamie
) afin de rendre le côté protecteur de la combinaison. A tester.
° Les abeilles aiment aussi jouer les kamikazes sur les mains, donc : des gants ! Il en existe en caoutchouc, des Mappa© de compétition en quelque sorte, facilement lavables mais qui ne laissent pas respirer la peau, bonjour l’ambiance moite… J’ai préféré emprunter des gants en cuir, beaucoup plus agréables, mais à l’entretien plus ardu… Dans tous les cas une partie tissée monte jusqu’au coude. On veille bien à la position de l’élastique.

° Le lève cadre, qui sert à décoller les cadres soudés au propolis et les manipuler aisément, est également indispensable. Les abeilles ne laissent aucune fente ou fissure libres
(en dehors de leurs couloirs de circulation), elle colmatent tout grâce au propolis, substance rougeâtre à base de résine d’épineux et de cire qui leur sert de mortier et qui a un fort pouvoir antibactérien. Sans lève cadre il peut être très compliqué, voire impossible, d’extraire un rayon !
Il est également utile pour casser les brèches (ponts de cire entre les cellules de deux cadres) et éviter tout accident lors du repositionnement du cadre.
On l’utilise en prenant appui sur le cadre suivant, on évite de forcer sur les parois de la ruche qui pourraient finir par céder.

° Pour compléter l’équipement, on peut s’offrir une pince en complément du lève cadre, pratique pour saisir et manipuler les cadres en gardant les gants “propres”.
Notons au passage qu’il ne faut pas hésiter à s’écarter un peu de la ruche pour bénéficier des rayons du soleil et mieux observer la ruche (pour repérer les tout petits grains d’un couvain de moins de 3 jours par exemple).

Quoi d’autre ? une paire de botte pour éviter les intrusions, des cadres à bâtir (ou déjà bâtis) pour remplacer éventuellement une partition ou des cadres pleins de miel de la hausse… et ce sera déjà bien ! Bonne visite !