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ABEILLES :: La récolte du miel

Nous sommes au printemps, les fruitiers sont en fleurs et la colonie est saine : du monde s’active, il n’y a pas de varoa ni de teigne sur les abeilles, on ne remarque pas d’odeur étrange qui pourrait signifier que la loque empoisonne les cellules des nymphes, on trouve du couvain operculé et non operculé, des larves à tous les stades de développement, tous les cadres sont bâtis, on trouve du pollen et du bon miel doré coule des derniers rayons.
Il est temps de placer une hausse pour prélever un peu de cette substance délicieuse et en faire quelques pots !

Nous sommes équipés de notre combinaison, nos gants, notre enfumoir, notre lève cadre et du kit hausse, pour une ruche Dadant il s’agit de :
la boîte, des cadres (avec amorce, plaque complète de cire moulée ou cellules déjà bâties), et de la grille à reine.

Une grille à reine permet le passage des ouvrières mais pas celui de la reine, qui ne pourra donc pas venir pondre à cet endroit. On la pose directement au-dessus du corps de la ruche ou sur le nourrisseur si on ne l’a pas ôté.

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 Puis on place la hausse par dessus munie de ses cadres, puis le toit. Il ne reste plus qu’à patienter !

Ci dessous, exemple de ruche avec tous les éléments :

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La récolte du miel se fait habituellement quand les cellules sont operculées au moins pour les 2/3 du cadre, cela garanti que le miel a atteint son taux d’humidité optimum à 17%.
Dans certains cas on préfère récolter avant que toutes les cellules soient fermées, notamment quand une floraison attendue a débuté comme celle du robinier faux-acacia, prisé des consommateurs pour la douceur du miel obtenu, et que l’on souhaite un miel non mélangé. (Ou encore que l’on a une horde de stagiaires désireux d‘apprendre à récolter et que l’on est vraiment sympas)

Attention, si le miel a une teneur en eau trop élevée, il risque de fermenter. On peut alors envisager en faire de l’hydromel, ce serait dommage de gâcher…
La législation nous invite à ne pas dépasser un taux de 19% pour un miel de qualité.
Et comment fait-on pour savoir combien on a d’humidité dans le miel? On utilise un refractomètre (le même genre de zinzin qu'en brasserie ou en viticulture).

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Une fois nos cadre prélevés au rucher, on commence par nettoyer les “oreilles” des cadres et le gros du propolis collé sur le bois à l’aide du petit bout métallique qui dépasse du lève-cadre. Ainsi, on limite les impuretés qui seront à filtrer plus tard et on récupère cette gomme à mâcher aux vertus miraculeuse pour l’offrir aux copains, frotter les nouvelles ruches, en mettre un peu dans l’enfumoir, refaire les joints de la salle de bain et caetera.

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Nous allons avoir besoin également d’un couteau à désoperculer et d’un bac de récupération composé d’une partie ajourée et d’une autre munie d’un robinet.  C’est plus pratique mais on peut s’arranger autrement si on exerce en amateur.
Si possible on tranche tout d’un coup en “sciant” une face après l’autre, le plus à plat possible et en évitant de faire couler le miel.
(Je n’ai pas pris la photo sur le plus beau cadre de miel, celui là est un peu limite sur le pourcentage d’operculé, mais le miel était à 18%, ça aurait été au top le lendemain en somme, pas de panique !)

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On retourne le cadre pour contraindre les coulures et on va le placer dans la centrifugeuse.

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On lance la machine, d’abord doucement (surtout si le miel est épais et qu’il a tendance à figer), puis plus vite pendant 10 à 15 min.
Je pense que ce genre de machine se bricole assez bien mais à défaut de centrifugeuse, on peut très bien commencer avec une essoreuse à salade.
Quand les cadres nous semblent vidés de leur substance, on arrête et on ouvre la vanne sur deux tamis aux maillages différents pour filtrer les impuretés.

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Et voilà, le miel étant bourré de sucre, il ne craint rien en terme de bactérie, il n’est même pas nécessaire de stériliser les pots qu’il n’y a plus qu’à remplir ! Facile, non?

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ABEILLES :: Le matériel d’intervention de base

Les frères Souvent, apiculteurs à Mesland (41) proposent des stages extras sur la manière de mener une activité apicole. Avec mes collègues de BPREA, nous avons eu la chance de bénéficier de leurs précieux conseils.

Eric et Christophe nous ont, entre autres, présenté le matériel indispensable pour débuter.

Bien sûr, il faut une ruche complète et investie par une colonie d’abeilles vigoureuses (voir comment récupérer un essaim), installée sud-est dans un endroit protégé des vents dominants et bénéficiant d’une bonne couverture florale sur les 3kms environnants (zone moyenne de butinage). Bon, mais encore ?

° Si l’on ne devait acquérir qu’un seul outil, ce serait l’enfumoir qu’il faudrait choisir. Ce récipient muni d’un soufflet permet, comme son nom l’indique, d’enfumer la ruche.
L’objectif est de détourner l’attention des abeilles en leur faisant croire qu’un incendie est en route, elles vont alors se concentrer sur le stockage de réserves de miel dans leur jabot afin de quitter la ruche si nécessaire. Dans tous les cas, elles vont fuir la fumée et vous permettre de travailler plus sereinement.

L’idéal est d’obtenir une fumée bien blanche et dense, pour cela, il faut ouvrir l’enfumoir et y placer, dans l’ordre en tassant un peu et en pompant régulièrement pour attiser le feu :
- du foin pour que le feu prenne
- un petit morceau de boîte d’œuf, qui constitue une bonne alternative à l’amadou, que l’on fait flamber
- éventuellement des granulés au lavandin qui garantissent une combustion lente
- des aromatiques sèches (laurier, mélisse, lavande, origan… mélange selon les goûts) pour que ça sente bon
- de l’herbe verte pour obtenir cette fameuse fumée blanche qui ne vous fera pas tousser

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[Démonstration en vidéo (en cours d’upload sur mon téléphone liddl, ça vient - peut être)]

Et, comment on l’utilise ?
On commence par prévenir la colonie en soufflant trois coups francs à l’entrée de la ruche. On peut ensuite ouvrir la ruche (ôter le toit, le nourrisseur), remettre quelques coups de fumée en surface puis dans les rayons que l’on souhaite explorer (on commence par le côté le moins actif pour éviter d’enfumer la reine).
Il est important de pomper régulièrement sur le soufflet pour garder l’enfumoir efficace tout au long de la visite. Sinon, prévoir une mare suffisamment profonde et savoir courir vite… :)
Attention, quand on travaille sur une hausse à miel, il faut éviter d’enfumer les cadres au risque d’obtenir un miel goût barbecue !
Heureusement, en périodes de miellées et si vous opérez pendant les horaires de butinage (autour de midi est idéal), les abeilles seront tellement occupées par leur travail de récolte qu’elles vous gêneront moins, enfin… sur le papier.
A la place de l’enfumoir certains apiculteurs à l’ancienne utilisent le cigare, comme dans le génial documentaire Des abeilles et des hommes de Marcus Imhoof. C’est leur seule et unique protection contre les piqûres !

° Nous, nous sommes moins courageux et il est préférable d’avoir une combinaison ou au moins une vareuse, version sombrero ou escrime, pour se protéger des abeilles qui choisissent souvent le visage pour débuter une attaque… On travaille plus aisément lorsque l’on se sent en sécurité, n’est-ce pas? Aussi, on va bien vérifier que la fermeture éclair et le velcro au niveau du cou sont bien fermés, et que les élastiques au niveau des mains et des pieds sont bien positionnés.

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Il est très difficile de tourner la tête avec la version sombrero et avec les cheveux longs, ça peut vite devenir un enfer car le chapeau vous met la perruque sans dessus dessous à chaque mouvement. Pour ma part, j’investirai dans une version escrime.
Les lavages abîment la toile de coton qui perd de sa rigidité, je pensais à un bain d’amidon ( comme pour les napperons de mamie ) afin de rendre le côté protecteur de la combinaison. A tester.

° Les abeilles aiment aussi jouer les kamikazes sur les mains, donc : des gants ! Il en existe en caoutchouc, des Mappa© de compétition en quelque sorte, facilement lavables mais qui ne laissent pas respirer la peau, bonjour l’ambiance moite… J’ai préféré emprunter des gants en cuir, beaucoup plus agréables, mais à l’entretien plus ardu… Dans tous les cas une partie tissée monte jusqu’au coude. On veille bien à la position de l’élastique.

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° Le lève cadre, qui sert à décoller les cadres soudés au propolis et les manipuler aisément, est également indispensable. Les abeilles ne laissent aucune fente ou fissure libres (en dehors de leurs couloirs de circulation), elle colmatent tout grâce au propolis, substance rougeâtre à base de résine d’épineux et de cire qui leur sert de mortier et qui a un fort pouvoir antibactérien. Sans lève cadre il peut être très compliqué, voire impossible, d’extraire un rayon !
Il est également utile pour casser les brèches (ponts de cire entre les cellules de deux cadres) et éviter tout accident lors du repositionnement du cadre.
On l’utilise en prenant appui sur le cadre suivant, on évite de forcer sur les parois de la ruche qui pourraient finir par céder.

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° Pour compléter l’équipement, on peut s’offrir une pince en complément du lève cadre, pratique pour saisir et manipuler les cadres en gardant les gants “propres”.
Notons au passage qu’il ne faut pas hésiter à s’écarter un peu de la ruche pour bénéficier des rayons du soleil et mieux observer la ruche (pour repérer les tout petits grains d’un couvain de moins de 3 jours par exemple).

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Quoi d’autre ? une paire de botte pour éviter les intrusions, des cadres à bâtir (ou déjà bâtis) pour remplacer éventuellement une partition ou des cadres pleins de miel de la hausse… et ce sera déjà bien ! Bonne visite !

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ABEILLES :: Récupération d’un essaim (2)

Maintenant que nous sommes prêts, il s’agit d’atteindre l’essaim et de le taper dans une caisse ou directement sur la ruchette.
Quand l’essaim est difficile d’accès, on va couper la branche pour simplifier l’affaire.

Ici, Théo est monté dans l’arbre pour courber la branche

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Pas de chance, une partie de l’essaim est tombé au sol… Il va falloir créer des petits ponts (frottés à la mélisse) pour faire monter tout ce petit monde.

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Si la reine n’est pas dans la ruche, on verra l’essaim se reformer un peu plus loin, il n’y a plus qu’à recommencer la manipulation. C’est ce qui s’est passé du côté du sapin (qui est un thuya), on a coupé les branches à chaque fois pour compléter la ruche, en les posant simplement dessus.

L’essentiel est que la reine se soit installée dans la ruchette, c’est la condition sine qua non pour le reste de la colonie prenne possession des lieux.
Pour savoir si la reine est dedans, on observe les abeilles aux entrées de la ruches, certaines d’entre elles vont lever leur abdomen vers le ciel pour signifier au reste de la colonie que c’est bien là qu’il faut aller.

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Dans certains cas, la colonie complète repart dans la journée, menée par une reine peu convaincue du charmant habitat que l’on avait pourtant pris soin de lui préparer.

Idéalement la ruchette a été posée à son endroit définitif (orientation sud-est, à l’abri du vent) en prenant soin de laisser suffisamment de place pour échanger la ruchette contre une ruche le moment venu.
Si tout nous semble ok, on pose le nourrisseur et le toit, éventuellement un papier isolant si le temps est frais et on vérifie que la porte est placée dans la bonne position (arches vers le bas).

S’il vous faut déplacer l’essaim, que vous avez trouvé chez tata Gilberte et qui est allergique, il suffit de placer la porte en position transport (perforations vers le bas) et d’emporter ce petit monde vers un petit coin de paradis agrémenté de mille espèces florales.

Dans une dizaine, quinzaine de jours, on pourra ouvrir la ruchette pour contrôler que tout se passe bien, si on ne trouve pas de couvain, que l’on ne trouve pas la reine, que les ouvrières se sont mise à pondre (des faux-bourdons stériles) il faudra taper les cadres un peu plus loin en ayant pris soin d’enfumer largement la ruche afin que les abeilles se fassent éventuellement accepter dans les autres ruches en y apportant un peu de miel…
Si par bonheur, tout se passe pour le mieux, que l’on trouve des cellules de couvains à différents stades, que la ruche est active, on pourra remplacer la ou les partitions par des cadres à bâtir et préparer une ruche définitive pour transfert lorsque tous les cadres seront bâtis et investis..

Il n’y a plus qu’a espérer que la colonie va prospérer et nous faire du bon miel!

Récupération d’un essaim (1)

Autres billets consacrés aux abeilles (en cours de rédaction) :

Les ruches (détails sur la Dadant, observée en stage)
L’enfumoir
La vie des abeilles : organisation de la ruche
La récolte du miel

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